Le Festival de Cannes, qui va durer encore plusieurs jours, doit être l'occasion de faire pression au maximum pour la suspension de l'accord du 26 juin et l'ouverture de vraies négociations avec toutes les parties concernées.

Ci-dessous le communiqué de la CGT-Spectacle d'aujourd'hui, ainsi que celui de la Coordination de Paris (CIP-IDF) :


APOCALYPSE NO
NEGOCIATION OUI


Comme nous l’annoncions depuis plusieurs semaines, le Festival International du Film de Cannes ne peut se dérouler comme à l’accoutumée. La soirée d’ouverture en a été l’illustration.
D’ores et déjà, d’autres rendez-vous sont arrêtés parmi lesquels :
une conférence de presse le 14 mai à 17 h 00 dans la salle de conférences de presse de la Quinzaine des Réalisateurs à la Malmaison (en lieu et place du Cinéma l’Olympia) ;
une manifestation sur la Croisette, avec des délégations de toutes les régions, le 15 mai à 15 h 00 depuis le Noga-Hilton jusqu’au Palais des Festivals qui sera précédée, à partir de 13 h 00, d’une rencontre entre les cinéastes et le public présents à Cannes sur la plage Macé ;
D’autres initiatives auront lieu sur tout le territoire le 15 mai dont un rassemblement à Paris à 15 h 00 devant l’Hôtel du Nord, 102 Quai de Jemmapes, Paris 10ème (M° Jacques Bonsergent ) ;
une deuxième conférence de presse le 16 mai à 16 h 00 dans le Palais des Festivals à l’Espace Méditerranée à laquelle participeront le Comité de Suivi de Réforme des Annexes 8 et 10 , dont des parlementaires de toutes sensibilités, ainsi que des cinéastes et des artistes.
La Fédération CGT du Spectacle estime qu’il est grand temps pour le Gouvernement de sortir du bois, autrement dit, de rétablir les droits d’assurance chômage de tous les recalés du protocole du 26 juin 2003, et de donner un calendrier précis de mise en œuvre de l’ensemble des mesures d’urgence adoptées depuis plusieurs mois. Elle considère avec le Comité de Suivi que ces annonces doivent être effectuées au plus tard le 14 mai.
A défaut, le Gouvernement prendrait la lourde responsabilité de la poursuite du conflit qui pourrait mettre en péril le bon déroulement du Festival de Cannes, ce que nous ne souhaitons toujours pas.

Cannes, le 13 mai 2004

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE CIP-IDF / Paris / 12 mai 2004 au matin Unédic :

Nous ne Cannons pas
Nous montons les marches

La crise n’est par terminée.
Les partenaires sont bloqués.
Raffarin l’a dit : le gouvernement ne reviendra pas sur la réforme des annexes 8 et 10.
Borloo se tait.
RDDV se dit impuissant.
Seillière refuse toute renégociation et pense s’en sortir en proposant de sortir les intermittents de l’Unédic.
Gautier-Sauvagnac, Medef - président de l’Unédic, craignant d’être pris en flagrant délit de discrimination, accepte de revoir la question des congés maternité la veille de l’ouverture du festival de Cannes.
Il se réserve sans doute la veille de l’ouverture du festival d’Avignon pour annoncer des mesures sur les congés maladie.

Nous le répétons depuis 11 mois, et tous ceux qui ont étudié le dossier le reconnaissent : la réforme est mauvaise. Elle est non seulement désastreuse socialement, mais aussi inefficace économiquement.
Nous le savions, nous le disions, les chiffres annoncés par l’Unédic sont sujets à caution : de l’aveu même de Gautier-Sauvagnac, l’application de cette réforme ne permettrait qu’une économie de 20 millions d’euros sur 2004. 20 et non pas 370 brandis par les partenaires sociaux signataires de la réforme du 26 juin 2003.
La mission Latarget qui vient de rendre son rapport commandé par le ministère de la culture admet que les chiffres annoncés du déficit de l’Unédic sont contestables.

Il est urgent que les données de l’Unédic soient accessibles à tous.

Depuis 11 mois nous répétons que l’Unédic est en crise, elle est structurellement inapte à assurer le financement de la flexibilité de l’emploi.

Le régime des intermittents tentait de répondre à l’idée que la mobilité ne doit pas rimer avec insécurité sociale. Le protocole du 26 juin met à bas cette idée.

Aujourd’hui, le Conseil d’Etat annule l’agrément de la convention UNEDIC 2004 même si cette mesure ne prendra effet qu’au 1er juillet 2004. Alors qu’un subterfuge maintient le protocole du 26 juin, blanchi le 13 novembre 2003.
De fait, ces tours de passe-passe ont séparé les annexes 8 et 10 du reste du système de solidarité.
Alors qu’est profondément remis en cause l’ensemble de la convention Unédic, nous refusons ce traitement d’exception.

L’heure est venue de repenser l’assurance chômage et l’Unédic, ses modes de financement, de gestion et de fonctionnement dans leur totalité.

Nous exigeons l’abrogation du protocole du 26 juin.
Nous exigeons l’ouverture immédiate de négociations sur l’ensemble de l’Unédic avec tous les concernés.
Nous exigeons une expertise indépendante et incontestable de l’Unedic.
Avec d’autres chômeurs et précaires nous descendons à Cannes pour porter ces revendications.
Avec d’autres chômeurs et précaires, nous descendons à Cannes pour faire connaître et partager largement nos propositions.
Nous retrouverons à Cannes tous ceux qui luttent pour que l’Europe cesse de balbutier ses politiques sociales et culturelles.

Soutenus par les voix de ceux qui font le cinéma à Cannes, nous trouverons les moyens de nous faire entendre.